Tout commence par la mort du canari de Howard Carter, avalé par un cobra qui s'était glissé dans sa cage à quelques jours de l'ouverture du tombeau. Le cobra étant « le serpent des pharaons », on y voit un mauvais présage. Puis, au milieu de mars 1923, Carnarvon est pris de fièvres, frissons, sueurs : les médecins accusent une piqûre de moustique au visage, égratignée en se rasant, qui se serait infectée et, doublée d'une pneumonie, aurait provoqué une septicémie mortelle.
La presse, au courant de la mort curieuse du canari, voit en Lord Carnarvon la première victime d'une malédiction. Les journalistes arrivent, en 12 ans, à une liste de 27 personnes proches de l'expédition, mortes de causes suspectes pouvant être mises en rapport avec la découverte du tombeau.
Parmi les victimes, on dénombre un taux élevé de pneumonies asphyxiantes. Le docteur Geoffrey Dean de l'hôpital de Port-Elizabeth, en Afrique du Sud croit que les morts sont les victimes de histoplasmosis, maladie provoquée par un virus présent dans ce tombeau resté fermé plus de 3000 ans. Mais cette hypothèse a fait son temps, puisque les virus pathogènes pour l'homme ne peuvent survivre que dans des milieux vivants et non dans les chairs mortes. Le docteur Caroline Stenger-Philipp, a fourni une explication plausible à cette série de morts mystérieuses : d'après les indices en sa possession, les véritables coupables seraient des substances organiques (fruits ou légumes) présentes dans la tombe ; au cours des siècles, ces produits, censés servir de nourriture au pharaon « pendant son voyage vers l'éternité », se sont décomposés et ont formé de la moisissure ainsi que des particules de poussière organique fortement allergènes.
La raison de tous ces décès est apportée en 1985 lors de la restauration de la momie de Ramsès II ; l'analyse révèle en effet la présence d'éléments de propagation de nombreux champignons. Or d'après les descriptions de Carter, la tombe de Toutânkhamon était suffisamment humide pour abriter de tels champignons. Il décrit même « des cultures de champignons » apparaissant sur les murs de la chambre funéraire, « où elles étaient si nombreuses qu'elles causaient un grand défigurement », ajoutant qu' « il règne dans ces sépultures un air suffocant. Infestée des exhalaisons des cadavres, une poussière fine s'élève sous les pas et irrite les poumons ». Les champignons identifiés dans la momie de Ramsès II sont dangereux pour l'homme : la maladie des archéologues est « une pneumonie à précipitines, un conflit immuno-allergique dû à l'inhalation de particules d'origine animale ou végétale dotées de propriétés antigéniques ». L'affection se caractérise par une pneumonie aiguë.
Toutefois, pendant les semaines qui suivirent la découverte du tombeau, une foule de curieux s'y précipitèrent dont de nombreux archéologues, égyptologues, photographes, dessinateurs, ouvriers, notables locaux et même la reine de Belgique, or rien de fâcheux ne leur arriva. Une chose est sûre, Howard Carter (le découvreur du tombeau) et Lady Evelyn Herbert (la fille de Lord Carnarvon), qui avaient tous deux passé beaucoup de temps dans le tombeau, ne moururent que de longues années plus tard.